Pauline et son Effet Canopée

L’Effet Canopée, c’est une boutique bonbon. Tu en franchis le seuil  déprimée, t’en ressors avec le smile. C’est comme une oasis de tranquillité en plein coeur de Lyon. Il y a des bonnes ondes, des accessoires de mode à tomber, de la papeterie made in France qui donne envie d’écrire à tous tes amis, des plantes, des coussins et tout un tas de trucs pour faire de ton appart un cocon tout chaleureux, parfait pour affronter l’hiver. A l’origine de ce concept store où tu peux aussi suivre des ateliers (initiation à la broderie, confectionner des soins cocoon, bouquet de fleurs séchés…) : Pauline Stenpien. Lassée par un travail qui ne lui apportait pas ce qu’elle attendait,  elle a décidé de le quitter pour suivre ses envies.  Retour sur le parcours d’une jeune entrepreneuse qui envisage la création comme un moyen de réanchanter le quotidien.

Comment est né le projet « Effet Canopée » ? J’étais frustrée dans mon travail. J’étais salariée dans une grande centrale d’achat dans le prêt-à-porter à Paris. J’ai intégré ce groupe à l’issue de mes études en école de commerce. A l’époque, je me suis laissée porter par les événements : après mon stage, on m’a proposé un CDI. Un CDI, ça ne se refuse pas ! Mais en fait, je ne me sentais pas à ma place. Je suis un peu touche à tout. J’avais envie de com, d’événementiel et de plein d’autres trucs. J’ai toujours été comme ça. A l’école, j’étais bonne en tout. J’aimais plein de choses différentes. Mais aujourd’hui, on est très vite mis dans des cases et c’est compliqué d’en sortir. Du coup, j’étais déprimée. J’avais l’impression de subir. Au bout d’un certain temps, j’ai ressenti le besoin de redevenir maître de ma vie, de mon parcours. Je ne supportais plus de me laisser porter. J’en avais ras-le-bol, ça faisait cinq ans que je prenais sur moi. J’avais fait mon expérience, ça ne me convenait pas. J’ai commencé à postuler à droite à gauche mais je ne me projetais pas. Puis, j’ai eu un déclic. Je voulais changer de vie, quitter Paris, construire quelque chose qui me ressemblait.

Et c’était quoi ce quelque chose qui te ressemblait ? Je sentais qu’il fallait que je crée mon métier. Depuis quelques temps, grandissait l’idée d’ouvrir un lieu où je pourrais proposer des choses qui, moi, me touchaient. J’ai toujours été très manuelle. J’aime créer. J’ai longtemps fabriqué des bijoux, je fais de la couture aussi. J’aimais, et j’aime toujours, découvrir des créateurs. J’avais envie de partager tout ça. Je voulais aussi un lieu convivial où l’on pourrait à la fois prendre un café et partager des savoir-faire. C’est magique de créer, de faire quelque chose de manuel. C’est comme un petit moment pour se faire du bien. En plus, il y a la satisfaction de se dire « c’est moi qui l’ai fait ! ». C’est comme ça que, petit à petit, est né le concept de l’Effet Canopée : une boutique/ atelier/ salon de thé. Ca c’était le projet de départ. Ca a un peu changé aujourd’hui, puisque je me suis recentrée sur la boutique et l’atelier.

Comment es-tu passé du rêve à la réalité ? J’avoue, j’ai pas mal hésité. Je n’étais pas sûre d’obtenir une rupture conventionnelle. Et forcément, l’inconnu peut inquiéter. Quitter un emploi stable n’est pas chose facile. Mais, comme je le disais tout à l’heure, je ne pouvais plus continuer comme ça. Cela faisait cinq ans que je prenais sur moi. Cinq ans, avec le recul, ça me parait beaucoup. Mais en même temps, c’est cela qui m’a permis d’acquérir de l’expérience. Si j’avais tenté de monter ma boutique à la sortie de l’école, je n’aurais pas été suffisamment armée. Là-bas, j’ai appris à tenir des délais, gérer marges et budget d’achats. Ca m’est super utile aujourd’hui. Ca m’a aussi appris que je voulais être indépendante. Quand tu es salarié, tu es dans une chaîne. Tu ne vois pas forcément le résultat de ce que tu mets en place. Quand tu travailles pour toi, tu vois direct la conséquence de tes actions. J’ai commencé à travailler sur mon projet plus d’un an avant de vraiment me lancer. Des business plan, j’en ai fait quelques uns avant d’arriver à la version finale une fois le local trouvé. J’ai composé une équipe de professionnels pour me conseiller tout le long du processus. C’est important d’être bien entouré – par les proches, pour le soutien – mais aussi en terme de compétences : avocats, comptables. J’ai quitté mon poste en 2015 et je me suis installée à Lyon. J’ai tout de suite commencé à chercher un local. J’ai visité une quinzaine de boutiques. Puis, je suis tombée sur celle de la rue des Capucins, sur les pentes de la Croix-Rousse à Lyon. Un coup de cœur ! Les pierres apparentes, les poutres, le quartier. J’ai tout de suite vu les trois espaces. J’ai signé le bail. En juillet 2015, après un mois de travaux, j’ouvrais ma boutique.

Comment travailles-tu ? Je fonctionne beaucoup aux coups de cœur. J’ai besoin d’être touchée par le produit et la démarche qu’il y a autour. C’est important, l’histoire d’une marque, d’un produit. De fait, je favorise au maximum le Made in France et les petits créateurs. J’aime quand une création est imprégnée de la personnalité de celui qui l’a façonnée. C’est formidable de savoir que quelqu’un a mis toute sa passion, toutes ses tripes dans la fabrication d’un objet. Après, j’ai aussi des plus grosses marques. Des produits confectionnés hors des frontières de l’Europe – c’est important d’écouter ses coups de coeur mais il faut aussi que cela soit viable économiquement. Dans l’ensemble, il s’agit toujours d’articles pour faire ou se faire plaisir. Je pense beaucoup à ça quand je fais ma sélection. Je veux qu’en achetant quelque chose chez moi, le client puisse sentir ce petit côté « je suis unique ». Aujourd’hui, je propose les produits de 50 marques en déco, papeterie et accessoires de mode. Je dispose aussi d’un rayon enfant. C’est mon univers, ma sensibilité. Il y a un peu de moi dans chacun des objets vendus ici. Pour les ateliers, ça se fait au fil des rencontres, au feeling.

As-tu des projets ? Je ne suis pas quelqu’un qui aime s’installer dans une routine. Je me satisfais rarement de ce que j’ai. J’ai toujours des ambitions, des envies. Je me demande souvent : « qu’est-ce que je peux faire pour m’améliorer ? ». Donc oui, j’ai des projets ! Là, je réfléchis au développement de l’E-shop lancé l’an dernier. J’ai aussi le rêve d’ouvrir une deuxième boutique et surtout l’envie de continuer à aller vers ce que je désire.

L’Effet Canopée : 18, rue des Capucins 69001 Lyon. leffetcanopee.fr

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