Mamie Marie : du bio, du vrac, du local et beaucoup de goût !

Imaginez deux nanas dans une boutique. L’une est derrière la caisse, l’autre devant. Elles parlent. Normal. Sauf que là, elles partent dans un délire. Et elles commencent à parler avec l’accent du sud. Un truc assez ridicule, mi-Maïté mi-Fernandel. Mais où sommes-nous ? Chez Mamie Marie, l’épicerie la plus cool de Lyon. Et les deux nanas sont : Marion, la patronne, et moi. Je sais c’est pas hyper glorieux. Mais, juste un instant. Est-ce que ça vous arrive souvent de faire des imitations grotesques avec le mec qui vous vend des salades ? Réponse : non (enfin peut-être qui si mais pour moi, c’est une première). Le truc, c’est que Mamie Marie, ce n’est pas juste une épicerie. Chez Mamie Marie, on fait du bio, du vrac, du local mais surtout on fait dans le PLAISIR. Plaisir des papilles – d’abord ! Mais aussi plaisir d’échanger, de rencontrer, de partager. C’est donc avec plaisir que je suis allée à la rencontre de Marion (sans Ben, son compagnon et co-gérant du magasin- il était trop occupé m’a-t-on dit) pour en savoir un peu plus sur la belle histoire de Mamie Marie. 

Comment est né le projet Mamie Marie ? C’est surtout Ben qui est derrière tout ça. Nous étions tous les deux dans des jobs pas hyper motivants. Lui dans l’informatique. Moi, j’avais un poste d’assistante à la Biennale de la danse. Nous avions besoin de mettre du sens dans ce que nous faisions. Ben, ce qu’il aime dans la vie, c’est manger, cuisiner et partager tout ça. Ca faisait longtemps qu’il parlait de faire un truc autour de l’alimentaire. Un restau ? Trop compliqué. Pourquoi pas une épicerie ? L’idée de départ, ce n’était pas le bio mais l’envie de proposer des produits de qualité issus du terroir français. Un peu comme la maison Plisson à Paris.

Nous avons tous des envies mais tout le monde ne les concrétise pas. Quel a été le déclic ? Ca a pris pas mal de temps. Nous avons mis trois ans pour monter le projet.  Mais ça faisait déjà bien deux ans que Ben évoquait le sujet. Des choses ont bougé dans l’entreprise où il travaillait. Il a négocié une rupture conventionnelle. Je pense que ça a été le déclic. A partir de ce moment-là, il a commencé à faire des recherches. Il a rencontré les membres d’un groupement local d’épiceries indépendantes, le GRAP. A leur contact, le projet s’est affiné. Nous avons oublié l’épicerie fine pour nous diriger vers un commerce d’alimentation générale. Ce qui restait : l’idée de faire du bon.

Quelles ont été les étapes suivantes ? Ben s’est mis à la recherche d’un associé. Il a rencontré plusieurs personnes. Mais ça ne collait pas. Il était à deux doigts de lâcher. De mon côté, je n’étais pas très chaude à l’idée de le rejoindre dans cette aventure. Nous avons quand même trois enfants. Je n’avais pas envie de mettre les deux pieds dans le même sabot. Puis, il y a eu une vague de licenciements à la Biennale…. Du coup, nous y sommes allés ensemble. Quelques mois après, nous assistions à une réunion zéro déchet. Ca nous a beaucoup parlé. Personnellement, nous étions déjà dans une logique de réduction des déchets et consommions bio depuis une bonne dizaine d’années. Tout s’est accéléré. Ne restait plus qu’à trouver un local. Ca a pris presque un an. On a failli être dans tous les arrondissements de Lyon. Finalement, nous sommes tombés sur celui de la rue de Créqui dans le 6e. On a signé le bail début 2017. Mamie Marie ouvrait ses portes au public en mai.

 

L’idée, c’était de surtout pas faire du tofu emballé

 

Revenons sur la notion de plaisir… C’est l’ADN de Mamie Marie mais comment cela se traduit-il dans votre quotidien ? Si nous nous sommes lancés dans ce projet, c’est d’abord parce qu’on adore bouffer. L’idée, c’est de surtout pas faire du tofu emballé ! Nous ne sommes pas dans ce que j’appelle « le magasin concept » : on vend du bio, on vend du vrac mais il n’y a pas de notion de plaisir. Pour nous, le plaisir c’est essentiel. Ca se retrouve dans les produits que nous vendons. Ca se retrouve aussi dans le lien que nous essayons de tisser avec nos clients et nos fournisseurs. Il faut qu’il y ait de l’échange, que nous puissions sentir la passion. C’est le cas, avec Gérard, agriculteur à Décines, avec Sylvain, boulanger qui nous livre un pain divin. C’est pareil avec l’entreprise qui nous approvisionne en oléagineux. C’est une grosse boîte mais ils sont hyper éthiques.  Quand tu parles avec leur commercial, tu sens qu’il connait parfaitement ses produits. Il sait où et comment ils sont faits. Il n’est pas juste là pour vendre son truc.

Pas de regrets ? Aucun. Nous sommes hyper contents. Ca marche bien et nous avons la chance d’avoir une super clientèle. C’est très satisfaisant de voir que l’on nous fait confiance. Parce que tu as beau avoir le meilleur projet du monde, si derrière y a personne qui suit, ça ne sert à rien. Là, les gens nous suivent et c’est génial. C’est aussi très satisfaisant, de voir qu’à notre petite échelle, on peut agir et changer les choses. En revanche, on bosse comme des dingues. Ca ne s’arrête jamais. Il faut gérer les stocks, la caisse, passer les commandes, prendre le temps avec les clients, faire la compta, veiller au respect des mesures d’hygiène et de sécurité. On fait largement nos 70heures/ semaine. Et j’avoue que là, le besoin de vacances commence à se faire sérieusement sentir. A la rentrée – et oui, nous prenons des vacances, les premières en deux ans – il va falloir s’arranger pour trouver un meilleur équilibre vie pro/ vie perso.

Des projets pour les mois à venir ? Plein ! Nous aimerions bien développer la transformation : proposer des salades, des jus… Mais, ce n’est pas pour tout de suite. Ce que nous voulons d’abord c’est consolider et pérenniser ce que nous avons mis en place.

 

 

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à vous rendre sur le site Internet mamiemarie.com. Vous pouvez aussi vous rendre directement au 97, rue de Créqui, Lyon 6.

 

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