Catherine Gadéa : « la sophrologie m’a permis de développer un lien à moi-même plus apaisé »

J’ai connu Catherine dans la première moitié des années 2000. Une amie m’avait embarquée dans un cours d’art du mouvement vital. J’étais sceptique. Mettre son corps au ralenti, écouter ses ressentis, merci, c’est sympa mais très peu pour moi. J’ai des souvenirs assez flous de cette première prise de contact avec mon moi intérieur. Pourtant, six mois plus tard, je revenais vers mon amie en mode « dis-donc, la fille qui nous a donné ce cours où on devait s’allonger par terre en faisant des mouvements bizarres, tu peux me donner ses coordonnées ? ». J’ai pris le temps de procrastiner encore un peu et je me suis décidée à pousser à nouveau la porte de la rue Monsieur Le Prince. A la fin de la séance, Catherine vient vers moi. « On s’est déjà vu, non ? Je vous ai reconnue à votre façon de bouger ». A l’époque, j’imagine un corps bien figé, des mouvements secs et peu fluides. N’empêche, j’avais trouvé ici un peu de douceur et d’apaisement. Plus tard, j’ai intégré un des groupes de sophrologie conduits par Catherine. Là encore, l’attention portée au corps en mouvement joue un rôle essentiel. Mais il y aussi les visualisations si réconfortantes, les temps de parole, l’incroyable capacité d’écoute de Catherine, sa bienveillance et la manière si particulière qu’elle a de nous faire sentir en sécurité. Aujourd’hui, c’est elle qui parle. Elle revient sur son parcours, ses motivations et sur la notion de transmission. 

Comment avez-vous découvert la sophrologie ? Je viens de l’école de la danse. Une école de la perfection, de la rigueur, je dirais même de la rigidité ! A un moment donné, je me suis rendue compte que les instants de plaisir étaient minimes par rapport à la dose d’efforts et de lutte demandée à mon corps. J’ai commencé à me poser des questions : n’existe-t-il pas d’autres modes d’apprentissage et de découverte du corps en mouvement ? Alors que j’étais dans cette réflexion, je suis passée devant une affiche avec le mot SOPHROLOGIE inscrit dessus. Ca m’a interpellé. J’ai commencé à faire des recherches. Quelques jours plus tard, je me rendais chez un sophrologue.

Comment s’est passée cette première séance ? Ce fut en même temps rude – je prenais enfin conscience de l’état d’endolorissement de mon corps – et très libérateur. J’avais trouvé ce que je cherchais : une manière de me relier à mon corps qui ne soit pas la lutte. Une révélation !

Concrètement, qu’est-ce que la sophrologie vous apporte ? Un lien apaisé à moi-même. Grâce à cette technique, j’ai redécouvert la place du souffle et le sentiment de joie en lien avec la fluidité du corps en mouvement. Aujourd’hui, je l’instille dans ma vie de tous les jours. Cela me permet de me relier à moi-même, de me régénérer. Le corps s’intoxique vite. La sophrologie aide à trouver l’équilibre, à être bien au quotidien.

A quel moment avez-vous décidé d’en faire votre profession ? Avez-vous dû faire face à des doutes ? Au bout de six mois, j’ai  décidé de suivre une formation en sophrologie Caycédienne : un cursus de base en deux ans, puis deux ans d’approfondissement avec Alfonso Caycedo (le créateur de la sophrologie ndlr). Je me suis installée tout de suite après l’obtention de mon diplôme. Je n’ai jamais douté. Je savais que ma voie était là. En fait, je n’avais pas vraiment le choix, c’était ça ! Bien sûr, tout ne s’est pas fait en un jour. Il a fallu du temps pour me construire une clientèle mais j’imagine que c’est le cas pour n’importe quelle autre entreprise.

 

 

Il s’agit d’emmener les personnes qui viennent me voir vers l’autonomie, de leur apprendre à se donner la main.

 

Qu’avez-vous envie de transmettre aux personnes qui viennent vous voir ? Avec cette discipline, je souhaite transmettre un apprentissage de l’écoute de soi.  Je me reconnais plus dans une démarche pédagogique que dans une relation d’aide. Mon intention première est de présenter des outils dont l’autre puisse s’inspirer pour répondre à ses propres besoins. Il s’agit d’emmener les personnes qui viennent me voir vers l’autonomie, de leur apprendre à se donner la main. Comme l’adulte accompagne l’enfant. On ne peut pas toujours demander à un tiers de prendre soin de nous. La sophrologie permet de développer un corps de sécurité qui aide à traverser nos zones d’ombres et mieux rencontrer les trésors qui sont en nous. J’aime beaucoup cette phrase de Rodin à propos de Camille Claudel « Je lui ai montré où trouver l’or mais l’or qu’elle  trouve est bien à elle« . Je trouve qu’elle illustre parfaitement ce qu’est la transmission.

Votre manière de pratiquer a-t-elle évolué avec le temps ?  La Sophrologie Caycédienne est un enseignement de protocoles très précis mais l’expérience m’a appris que le protocole ne suffit pas toujours. Chaque personne est unique. Elle possède un univers qui lui est propre. Ma pratique bouge sans cesse pour que mes propositions restent personnalisées et adaptées aux besoins de chacun. Cayecedo disait « Je vous livre une forme, un outil. Par votre pratique, vous allez voir ce que vous gardez et comment le faire évoluer ». A mon sens, la sophrologie ne doit pas être quelque chose de figé. De nos jours, on a une image partielle de ce que qu’est la sophrologie. Elle est souvent réduite à un travail de contrôle des émotions. Mais ça va beaucoup plus loin. C’est une démarche évolutive avec une importante dimension créative. La sophrologie est plurielle.

Avez-vous des projets ? J’ai débuté une formation en musicothérapie. Peu à peu, j’introduis le son dans mes séances. Bol tibétain, Kalimba, carillon, j’ai toujours porté un intérêt particulier aux traditions sonores mais c’est devenu un passage obligé. C’est un bel outil, un complément pour faciliter l’intériorité et accompagner certaines réactions émotionnelles. »

Vous pouvez aussi visiter le site de Catherine Gadéa :  www.artdumouvementvital.com

 

Photo : ©Lucile Pescadère

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