L’Art thérapeutique de Liz Huston

Mars 2015. C’est le soir à Los Angeles. Comme tous les deuxièmes jeudis du mois, les galeries d’art de downtown ouvrent leurs portes. Les artistes sont sur le palier. Liz Huston accueille la hype barbue et sa déferlante de slims noirs à l’étage du Last Bookstore – une librairie iconique arrimée sur Spring street depuis 2005. C’est ici qu’elle présente ses oeuvres. Des photomontages qui auraient pu être conçus par Magritte, Dali et toute la sphère surréaliste si les femmes avaient pu se rêver artistes plutôt que muses. C’est tout un monde entre conscient et inconscient, rêve et réalité, passé et présent qui s’ouvre aux curieux. Ca pourrait être sombre mais c’est lumineux. Quelle personnalité peut bien se cacher derrière So long as you wish it – une femme au visage doux dont le ventre abrite une nuée de papillons ? 

 

Réponse quelques jours plus tard, même lieu mais de jour. Liz Huston porte une longue robe noire. Ses bras nus sont recouverts de tatouages. Ses cheveux bruns lui arrivent un peu au-dessous des épaules et une frange courte recouvre le haut de son front. Radieuse, l’artiste propose de prendre place dans un recoin de sa galerie/boutique. Rideaux de velours rouge, papier peint rayé noir et blanc et meubles néo-baroques forment un écrin pour ses oeuvres accrochées aux murs. C’est le début d’un long moment de partage et de confidences. « Chaque pièce est une réflexion d’un moment que j’ai expérimenté dans ma vie, confesse-t-elle. Je vais te donner un exemple : Spirit flight ». Liz s’empare d’un de ses photomontages. Une femme vêtue de blanc semble sortir d’une coquille d’oeuf cassée en deux. Elle est ligotée par un énorme serpent. En fond, un paysage nocturne éclairé par un mince croissant de lune. « Cette oeuvre est venue à un moment donné me dire que j’étais emprisonnée et que j’avais besoin de me libérer ».

Ecstasy of enough
Liz Huston a souhaité partager avec avec nous sa dernière oeuvre en date.  « Nous avons tous expérimenté cette sensation de manque. Comme si nous n’avions pas assez et que quelque chose d’essentiel nous échappait. Ecstasy of enough vient nous rappeler que le bonheur est juste là, qu’il suffit de s’arrêter, de cesser cette quête du toujours plus pour reconnaître la munificence qui est déjà en nous. Il existe une véritable extase dans l’acceptance de ce qui est disponible pour nous dans le moment présent », nous dit-elle.

 

L’art de Liz Huston parle de Liz Huston. Il se fait le miroir de son évolution psychologique et spirituelle. C’est comme un puzzle dont les pièces s’assemblent les unes aux autres au cours des années. « Au départ, mon travail ne ressemblait pas du tout à ce que je fais aujourd’hui. Ce n’est que passé la trentaine qu’il a pris cette direction ». Née à Burbank dans la banlieue de Los Angeles, l’artiste a d’abord été photographe. Une photographe des plus classiques. Ses différentes passions, son chemin personnel se sont au fur et à mesure agglomérés les uns aux autres pour donner naissance au type d’art qu’elle pratique aujourd’hui. Son amour de la photo s’est nourri de sa passion pour les peintres surréalistes et symbolistes, Gustave Moreau en tête de liste. La collection de photos et cartes postales anciennes débutée à l’adolescence est devenue un des principaux composants de son art. Sa quête spirituelle, la méditation, son initiation chamanique en plein cœur des Andes péruviennes, a permis à toutes ces pièces de trouver leur place les unes à côtés des autres.

Aujourd’hui, à l’écoute de ce que lui dicte son inspiration, elle compose des histoires n’hésitant pas à mélanger les médias. Aquarelle et peinture à l’huile, éclairent un ciel étoilé. Des morceaux de photos centenaires composent les visages de personnages en face à face avec leur psyché. « Ma première œuvre du genre, je l’ai réalisée au moment de mon mariage ». Mauvais présage. Les mariés sont de dos et l’épouse semble en deuil. « On dirait qu’ils vont assister à des funérailles, non ? », glisse Liz avec un demi sourire. Depuis l’artiste a divorcé. Mais elle a développé son art. Un art intime, en lien avec les errements de son âme. Mais surtout, un art thérapeutique. « La création est comme un processus de guérison qui vient de l’intérieur », lâche l’artiste. C’est vrai pour elle. Cela peut aussi être vrai pour celui qui regarde. « J’aime penser que les personnes qui regardent mon travail puissent aussi y voir une part d’elles-mêmes. Elles peuvent aimer ou ne pas aimer ce qu’elles voient mais c’est là ».

 

Pour découvrir les oeuvres de Liz Huston vous pouvez prendre un billet d’avion pour la Californie ou visiter son site et sa page instagram.

 

 

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